Développé avec Berta.me

  1. (EN)

    Amandine Guruceaga (b. 1989) is a French artist based in Marseille. Her practice unfolds in a space of friction between painting and sculpture, where matter is never approached as a neutral support, but as an active body capable of recording the forces, uses and transformations that pass through it.

    Textiles, clothing, copper, steel, aluminium and discarded materials are subjected to a succession of processes—dyeing, burning, bleaching, oxidising, cutting, folding, stretching and assembling. Rather than erasing the histories embedded within these materials, these gestures bring them to the surface. Each alteration creates a new layer. Colour penetrates, fire leaves its mark, metal transforms, textile retains the memory of tension. Matter becomes both an archive and a site of metamorphosis.

    At the core of her work is the surface, conceived as a skin: a porous zone of contact between a body and its environment. Wounds, scars, burns, contamination and repair function less as an iconographic vocabulary than as physical processes. In Guruceaga’s work, transformation often involves damaging a material in order to reveal something else. Destruction and regeneration are no longer opposites, but part of the same material cycle.

    This logic continually shifts the boundaries between mediums. Painting leaves the canvas to become membrane, volume or body; sculpture is approached through colour and surface; industrial materials acquire an almost organic vulnerability. Soft meets rigid, precious meets discarded, artificial meets living. The works emerge as transitional forms, caught in states of mutation rather than fixed or resolved.

    In her recent research, this material thinking extends to the landscape. Fire, heat, water, erosion and proliferation operate as forces capable of transforming bodies as much as territories. Guruceaga does not seek to represent these phenomena; instead, she transposes their mechanisms into the materials themselves. Burnt copper, bleached textile or a fragmented surface can thus become traces of an environment undergoing transformation.

    Through this constant movement between skin and landscape, intimate scale and territory, organic and industrial, her work questions how we inhabit a world whose materials are themselves unstable. Matter does not illustrate transformation: it becomes the site where transformation takes place.

    Amandine Guruceaga’s work has been presented in France and internationally, including at the Museo de Arte de Zapopan in Guadalajara (up comming), Villa Arson in Nice, Friche la Belle de Mai in Marseille, POUSH in Aubervilliers, La Villette in Paris and Glasgow International. Alongside her studio practice, she develops numerous permanent and monumental works for public and architectural spaces. Her work is held in several public and private collections, including LVMH, La Samaritaine, the City of Marseille and Vent des Forêts.

  2. (FR)

    Amandine Guruceaga (née en 1989) est une artiste française basée à Marseille. Sa pratique se situe dans un espace de friction entre peinture et sculpture, où la matière n’est jamais envisagée comme un support neutre, mais comme un corps actif, capable d’enregistrer les forces, les usages et les transformations qui le traversent.

    Tissus, vêtements, cuivre, acier, aluminium ou matériaux issus du rebut sont soumis à une succession d’opérations — teindre, brûler, décolorer, oxyder, découper, plier, tendre, assembler. Ces gestes ne cherchent pas à effacer l’histoire des matériaux mais, au contraire, à la rendre visible. Chaque altération produit une nouvelle strate. La couleur pénètre, le feu marque, le métal se transforme, le textile conserve la mémoire d’une tension. La matière devient ainsi simultanément archive et lieu de métamorphose.

    Au cœur de son travail se trouve la surface, pensée comme une peau : une zone de contact poreuse entre un corps et son environnement. Blessure, cicatrice, brûlure, contamination ou réparation constituent moins un vocabulaire iconographique que des processus physiques. Chez Guruceaga, transformer signifie souvent endommager pour faire apparaître autre chose. La destruction et la régénération ne s’opposent plus : elles appartiennent à un même cycle matériel.

    Cette logique déplace continuellement les frontières entre les médiums. La peinture quitte la toile pour devenir membrane, volume ou corps ; la sculpture se pense par la couleur et par sa surface ; des matériaux industriels acquièrent une vulnérabilité presque organique. Le souple rencontre le rigide, le précieux le rebut, l’artificiel le vivant. Les œuvres apparaissent alors comme des formes transitoires, prises dans un état de mutation plutôt que définitivement achevées.

    Dans ses recherches récentes, cette pensée de la matière s’étend à celle du paysage. Feu, chaleur, eau, érosion ou prolifération agissent comme des forces capables de modifier les corps autant que les territoires. Guruceaga ne cherche pas à représenter ces phénomènes : elle en transpose les mécanismes dans la matière elle-même. Un cuivre brûlé, un textile décoloré, une surface fragmentée peuvent alors fonctionner comme les indices d’un environnement soumis à une transformation.

    À travers cette circulation constante entre peau et paysage, échelle intime et territoire, organique et industriel, son travail interroge notre manière d’habiter un monde dont les matières sont elles-mêmes instables. La matière n’y illustre pas la transformation : elle en devient le lieu.

    Le travail d’Amandine Guruceaga a été présenté en France et à l’international, notamment au Museo de Arte de Zapopan à Guadalajara (à venir), à la Villa Arson à Nice, à la Friche la Belle de Mai à Marseille, à POUSH à Aubervilliers, à La Villette à Paris et à Glasgow International. Elle développe parallèlement de nombreuses œuvres pérennes et monumentales dans l’espace public et architectural. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques et privées, notamment celles de LVMH, de La Samaritaine, de la Ville de Marseille et de Vent des Forêts.